parisculteurs

Parisculteurs : projet de végétalisation de la ville de Paris

Le concept de jardin vivant est un concept Conçu par notre Bureau d’études l’Atelier Plantago, l’objectif de Vertdeco est de développer la vie en ville. Plus qu’un mur végétal, c’est un refuge pour la petite et moyenne faune urbaine grâce notamment à nos nichoirs LifeBox. En complément, notre écologue conseille et accompagne le bureau d’études dans le choix des nichoirs, des végétaux et des emplacements.

 

La végétalisation des bâtiments commerciaux, d’immeubles de bureaux ou de maisons d’habitation est une thématique majeure dans les projets urbains d’aujourd’hui. La recherche de solutions innovantes, en accord avec le développement durable, nous pousse à redéfnir notre conception des murs végétalisés.
Loin d’une approche de « greenwashing », la paroi vivante imaginée par l’atelier pousse la réflexion au delà du contemplatif : permettre à la biodiversité de diffuser les qualités du vivant.
La paroi vivante se décompose en 4 strates:
– végétation structurante grimpante,
– tissage de câbles en inox,
– réseaux de refuges faunistiques,
– végétation volubile

 

 

Paroi vivante : la première faune-zone parisienne

Du mur végétalisé à la paroi vivante

La multiplication des murs végétalisés, qui colonisent les bâtiments emblématiques de nos villes, témoigne d’une prise de conscience collective sur la nécéssité de construire autrement, et de redéfinir la place du vivant en milieu urbain. Ce nouvel élan remet donc en question notre approche du bâti, à travers son aspect, son rôle et ses évolutions possibles.

Les diverses solutions techniques apportées pour végétaliser les façades constituent un incontestable pas en avant. Malgré tout, ces réalisations semblent encore trop déconectées du cycle naturel, grâce auquel rien ne se perd et tout se transforme au service du milieu.

Bien loin de s’intégrer dans ce processus vertueux, les murs végétalisés sont mis en oeuvre dans des métériaux peu durables, et sont entièrement dépendant de leur consommation d’engrais, condition essentielle à leur développement. Ces ‘pans de nature’ modernes, par leur caractère artificiel, ne générent pas, ou si peu, de plus value pour la domiciliation de la faune et de la flore urbaine.

Un mille-feuilles foisonnant, un refuge innovant, un mur porteur… de biodiversité

La recherche d’une solution plus en accord avec le développement durable nous invite à redéfinir notre conception des murs végétalisés, afin qu’ils constituent une réelle interface avec leur environnement. Loin d’une approche de ‘greenwashing’, la paroi vivante iméginée pour ce mur de la résidence Saint Sauveur pousse la réflexion au-delà du contemplatif : intégrer la biodiversité, simple ou complexe, au plus près du bâtiment et des usagers.

Afin d’encourager le déploiement de ce principe à plus large échelle, nous avons imaginé un projet adaptable à tous types de bâtiments et facilement appropriable pas tous. L’objectif est d’initier un vocabulaire commun, permettant aux architectes, aux jardiniers et designers de travailler ensemble. Chaque dispositif (nichoirs, ruches, bacs…) est conçus sur la base d’un gabarit standart, copié sur celui d’une feuille de papier, allant du A4 au A0 : un parti pris qui permet aussi d’optimisé l’agencement des éléments sur la façade et leur remplacement.

Ces strates superposées visent à transformer cette façade lisse et austère en paroi dynamique, dont l’épaisseur fluctuante et les aspérités façonnent autant de points d’ancrage au vivant.

Projet Parisculteur 2016 : Aménagement du mur de la résidence Saint-Sauveur dans le 2e arrondissement de Paris

Discontinuité écologique

Le mur de la résidence Saint Sauveur est situé dans le IIème arrondissement de Paris, un quartier central et dynamique au tissu urbain très dense. Une atmosphère typiquement parisienne se dégage de ces rues étroites, bordées par des étages d’appartements. Le midi, les petites boutiques de créateurs, et les commerces et restaurants branchés qui ponctuent le rez-de-chaussée sont pris d’assaut par une foule affamée.

Dans ce quartier vivant et très fréquenté, la place du végétal et de la biodiversité est reléguée au second plan. Seul le square Emile Chautemps, à 5 min de marche, fait bonne figure dans ce dédale urbain.

La reconquète d’un jardinet oublié

C’est cette faible proportion d’espaces végétalisés, ainsi que la configuration particulière du mur qui ont déterminé notre choix. En effet, la façade est tenu en retrait de la chaussée par un jardinet de 15m carré, planté de quelques arbustes. Si petit soit t-il, cet espace constitue déjà une zone de nourrissage et de reproduction pour la faune : aux premiers beaux jours, les moineaux s’y donnent rendez-vous et les abeilles butinent frénétiquement les fleurs des céanothes.

En plus de composer un refuge de biodiversité non négligeable, ce jardinet nous permet aussi de disposer d’un espace de pleine terre juste au pied du mur de projet, et d’une plate-forme de compostage pour la matière organique issue de l’entretien de la paroi vivante.

Nous envisageons donc cette paroi vivante comme un prolongement de ce jardin, qui viendrait se retourner le long de la façade. Ce petit lieu anodin nous paraît essentiel dans le bon fonctionnement du projet, en tant qu’espace complémentaire, auxilliaire, fonctionnel, en tant que potentiel préexistant à amplifier et à dilater.

De nouveaux terrains d’expérimentation verticaux

Cet angle de rue, jouissant d’une visibilité accrue en raison de sa position de croisement, a déjà suscité des envies créatives chez certains ! En effet, la façade limitrophe fait l’objet d’une installation artistique grand format, qui habille le mur aveugle d’une multitude de panneaux colorés, que nous supposons mobiles au grès des mouvements du vent. A l’image d’une série de fenêtres entre-ouvertes, le mur est ainsi réincarné, habité et égaillé.

Trame régulière et quadrilatère colorés sont des éléments auxquels notre paroi vivante fera écho, afin de souligner cette jolie coïncidence en matière de détournement de façade. Dans un souci de cohérence esthétique et de continuité formelle, la figure du rectangle est reprise et démultipliée, pendant que les lifebox aux couleurs vives pétillent dans l’exubérance végétale et répondent aux couleurs de leurs voisins.

De l’îlot au réseau

Faute de pouvoir s’inscrire dans une trame verte préexistante, la paroi vivante espère devenir le premier maillon d’une longue chaîne écologique, la première pierre qui donnera envie de construire l’édifice. Elle ne peut se réduire à une recette ni se soustraire aux préconisations d’un expert en biodiversité, car la sélection du cortège végétal et des refuges faunistiques résulte de la singularité de chaque lieu. Cependant, nous l’avons pensé dans un souci de transmission et d’adaptabilité, afin que ce principe s’égrène sur d’autres façades, du milieu péri-urbain aux hyper-centres de nos villes.

La rue Saint Sauveur, grâce à ses nombreux murs aveugles inexploités, constitue un bel exemple des possibilités de propagation de la paroi vivante, afin de recréer un jour une véritable continuité écologique dans ce quatier où la place au sol fait défaut.

PLANTATION DE LA STRATE VEGETALE – BIODIVERSITE

Plantes locales, rustiques, spontanées

Les végétaux sont répertoriés selon 3 strates:

  1. Végétation grimpante à crampons ou ventouses et persistante, directement en contact avec le mur, plantation en pleine terre au pied du mur.
  2. Végétation arbustive et herbacée, riches en fleurs et baies pour les pollinisateurs et oiseaux. Plantation dans les bacs en tôle.
  3. Végétation volubile, progressera sur la structure grâce à ses vrilles. Plantation dans les bacs en tôle.

Les végétaux sont essentiellement des plantes locales du bassin parisien.
Le substrat est un mélange terreux allégé à base de terreau végétal, tourbe, fibre, compost, écorces et granulat minéral.

Liste des végétaux:

Strate grimpante
Hedera canariensis ‘Gloire de Marengo’ – Lierre
Hedera hibernica – Lierre
Parthenocissus quinquefolia – Vigne vierge

Strate herbacée
Plantes vivaces
Achillea millefolium – Achillée
Anemone sylvestris – Anémone
Carex acuta – Laîche
Digitalis purpurea – Digitale
Glechoma hederacea – Lierre terrestre
Polypodium vulgare – Polypode
Plantes anémochores et zoochores
Centaurea cyanus – Bleuet
Deschampsia cespitosa – Canche
Filipendula ulmaria – Reine des prés
Papaver rhoeas – Coquelicot
Saponaria officinalis – Saponnaire
Taraxacum officinalis – Pissenlit

Strate arbustive
Buddleai davidii
Cornus alba ‘Elegantissima’
Euonymus alatus
Malus ‘Everest’
Ribes uva-crispa
Vaccinum corymbosum

Strate volubile
Clematis alpina – Clématite

Liste de la petite faune invitée :
Moineau
Hirondelle
Chardonneret
Verdier
Pinson
Lézard
Carabes
Abeille solitaire
Amaurobe
Perce-oreille
Ver de terre
Coccinelle
Papillon
Syrphe
Pemphédrons
Chrysopes

Les impacts et attentes suscités par le projet

Ecologique

Développement de la biodiversité en offrant des lieux de refuges, de repos, de nourrissage et de reproduction pour la petite faune urbaine ;
Lutter contre le phénomène urbain des îlots de chaleur : réguler la température et l’hygrométrie grâce au principe d’évapotranspiration des plantes ;
Améliorer la qualité de l’air : absorber les particules en suspension telles que les poussières, les substances polluantes ;
Réemployer les eaux pluviales : recycler les eaux de pluie et réduir la saturation du réseau d’évacuation des eaux pluviales.

Pédagogique

Sensibiliser les riverains, les passants, les touristes aux enjeux environnementaux ;
Eveiller leur intérêt sur la petite faune ordinaire, valoriser les plantes du bassin parisien.

Esthétique

Améliorer le cadre de vie, grâce à la présence accrue de végétaux en milieu urbain ;
Ré-enchanter une façade triste et austère grâce à l’alternance des floraisons (clématite), aux contrastes entre les feuillages persistant (lierre, vigne vierge) et à l’aspect graphique des rameaux colorés (cornus) et de la fructification des pommiers nains l’hiver ;
Empêcher les tags sur la façade grâce au couvert végétal.

Economique

Soutenir l’activité du quartier en proposant une installation originale, qui attise la curiosité.